Je remercie d’entrée les organisateurs de cette manifestation culturelle pour me permettre de présenter en quelques mots Le Cercle International de la Bannière de la Paix de Genève et Pax Cultura France que je représente.

Celles-ci ont pour vocation de promouvoir la Bannière de la Paix qui fut adoptée en 1933 à Washington sous le nom de son instigateur « Pacte Roerich » puis reprise en 1954 sous le nom du Traité de la Haye pour la protection du Patrimoine culturel International.

 

Notre leitmotiv est : « La Culture au service de la Paix » thème en total harmonie avec le sujet qui nous réunit aujourd’hui.

 

Les missions que nous nous sommes fixées et que vous retrouverez sur nos sites, sont dans un premier temps de promouvoir les Traités et Conventions pour la protection du patrimoine culturel par le biais de ce symbole Unificateur basé sur la couleur rouge du sang humain identique sur toute notre planète.

Nous nous sommes donné aussi 4 missions : La création à Genève ville internationale des Droits de l’Homme et de la Paix, d’un Centre Culturel pour la Paix et non un Musée contre la guerre, la mise en place d’un Social Network dédié à la Paix, et la réalisation de deux projets sur la filtration et l’alimentation de l’eau au Nord de l’Inde et à Brazzaville.

Je souhaiterai simplement pour cette courte présentation, vous lire un petit mot sur la culture afin de comprendre l’essence de mon propos face à l’actualité d’aujourd’hui…

En effet,

Nous définissons la CULTURE comme l’ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût et le jugement.

Le symbole de La Bannière de la Paix est sensé la définir par un cercle entourant 3 points…

1°. L’ART comme démonstration de notre savoir-faire aboutissant à la Beauté,

2°. La SCIENCE comme l’ensemble des connaissances tendant à la découverte des lois qui nous régissent, et moteur de l’évolution et de notre Éveil,

3°. La SPIRITUALITE que je préfère présenter sous le terme de la TRADITION culturelle mondiale, qui s’oppose à l’éphémère en ce qu’elle traite de la continuité de Conscience.

 

Mais on ne développe pas la Conscience sans développer la culture, et c’est à cette œuvre qu’ont consacré leur vie Héléna et Nicolas ROERICH à l’origine de ces Traités Internationaux. Œuvre qui s’est concrétisée par la ‘Bannière de la Culture’ par ses trois points rouges entourés du cercle de la culture.

 

Adoptée aujourd’hui par L’ONU et la Croix Rouge, comme la ‘Croix Rouge de la Culture ‘ comme solution face à la chute des valeurs, sachant que l’intolérance que nous voyons à l’œuvre n’est rien d’autre que l’ignorance qui elle-même est justement la négation de cette Culture.

 

La bannière de la Paix a pour vocation d’être un symbole qui guide l’Humanité vers la Beauté et la Fraternité nous amenant à comprendre que nous devons nous enrichir de nos différences si nous voulons vivre dans la Paix et l’harmonie.

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Nous pensons que le développement de la culture est susceptible de réveiller le sens des valeurs spirituelles qui apportera l’autonomie et la liberté d’être.

 

            Force est de constater aujourd’hui que l’Humanité est souffrante et nous commençons à en comprendre la cause majeure.

            En effet, nous avons cessé de nous préoccuper de la Conscience Suprême qui siège au sein de notre cœur, au seul profit d’une société matérialiste dite d’économie ‘libérale’, nous nous sommes éloignés de la Source, jusqu’à en perdre le bon sens et le sens du Sacré.

 

Complètement absorbées par le profit et la satisfaction quotidienne du désir matériel, nos sociétés ont perdu la notion même de l’Idéal. Or, nous savons qu’un être ou qu’un peuple qui n’a plus de vision, se détourne irrémédiablement de la Vie et travaille à sa destruction.

 

La crise que nous vivons aujourd’hui est la preuve que « là où il n’y a plus de vision le peuple périt. » Peut-être est-ce cela la source de cette déferlante jaune… consistant à retrouver cette Vision…

 

Parler Culture, c’est parler de Conscience… Parler Conscience c’est retrouver la Source du Vivant…

Et la Conscience est Volonté, Beauté et Fraternité… C’est là, la triple essence de la Bannière de la Paix que je vous présente aujourd’hui.

 

Et comment enseigner ces valeurs de culture, de morale, de respect, dans une société qui déresponsabilise l’humain à l’extrême et conduit sous l’hypocrite principe de précaution à condamner nombre de valeurs et philosophies les plus susceptibles de conduire l’humain à l’autonomie ?

 

Je parlais en titre de la destruction du sacré or le sacré signifie ‘inviolabilité’. Et quoi de plus inviolable que le sanctuaire du cœur ? La cause majeure de la souffrance de notre planète est à mon sens d’avoir violé ce sanctuaire sacré.

Nous sommes en train de subir les conséquences du refus d’écouter la loi cœur. La loi de l’union. Notre société entière en s’appuyant sur la satisfaction personnelle, la recherche de la satisfaction individuelle, l’acquisition de biens ou la rentabilité propre à l’économie dite libérale, nous conduit à la séparativité et à la destruction du vivant.

 

De fait, le déclin des valeurs morales ne serait-il pas le signe d’un sacrilège ?

« La saleté de la dégradation morale est pire que toute infection. » disait un Sage Indien.

 

Nous sommes face aujourd’hui à un processus d’acculturation consciemment entretenu par les intérêts du monde de l’Avoir qui livre à l’Humanité, pour reprendre le titre de l’ouvrage de C. Xavier DURAND, une véritable guerre contre l’intelligence.

 

Une véritable guerre contre la Culture qui rend l’humain dépendant du monde de l’Avoir et l’éloigne chaque jour davantage du monde libérateur de l’Etre, véritable massification qui s’appui sur un formatage des consciences. Un processus de crétinisation générale qui s’oppose à la Culture.

 

Force est de constater que nous sommes face à un Nouvel âge du mensonge, à une nouvelle religion, celle de la Consommation, à un nouveau dieu ‘le profit’.

Une religion de l’Avoir au détriment de l’Être. Notre société s’appuyant sur les processus retors et pervers, fonctionne donc à l’envers.

 

Nous vivons une dictature de velours très bien décrite par Frédéric BEIGBEDER : « Les dictatures d’autrefois craignaient la liberté d’expression, censuraient la contestation, enfermaient les écrivains, brûlaient les livres controversés (…) Aujourd’hui, pour réduire l’humanité en esclavage, la publicité a choisi le profil bas, la souplesse, la persuasion. Nous vivons dans le premier système de domination de l’homme contre lequel même la liberté est impuissante. Au contraire, il mise sur la liberté, c’est là sa plus grande trouvaille. Toute critique lui donne le beau rôle, tout pamphlet renforce l’illusion de sa tolérance doucereuse. Il vous soumet élégamment. Le système a atteint son but : même la désobéissance est devenue une forme d’obéissance. »

 

Alors que faire face à cette à cette silencieuse idéologie ?

 

Et, pour que notre terre malade ne meurt pas…

Je propose 3 voies qui tiennent en ces trois mots:  Culture, responsabilité, cœur

            Dans un premier temps…

Nous devons développer la Culture car c’est par elle que nous apporterons la compréhension pour sortir l’humanité de la perversion et des immondices de la Terre.

Le rôle des hommes et femmes de bonne volonté, éveillés aux valeurs de l’Etre, est d’aider l’humanité à se souvenir de la loi d’Unité.

Leur principale action est de condamner l’ignorance en poussant l’humanité à se poser les vraies questions sur l’origine et le but de la vie. Sur les causes de son existence.

Or, s’interroger sur les causes de notre existence, nous conduit inéluctablement vers une ouverture de conscience qui fera naturellement appel à la Culture et à la responsabilité.

Nous ne pouvons donc parler de Culture sans considérer le poids de notre responsabilité dans notre vie et celles qui nous entourent. C’est ce que la Tradition orientale nomme par Karma et Dharma.

 

Dans un second temps on insistera sur le sens des responsabilités…

La persistance dont faisait preuve le Bouddha pour instiller chez ses disciples la compréhension de la responsabilité morale résultant de la loi du karma, montre qu’il s’agissait là d’une vérité absolue à la base de toutes les actions humaines.

« Douter du pouvoir moral d’un acte signifie fermer les yeux devant l’évidence » disait H.   ROERICH.

Toutes les traditions religieuses s’accordent pour dire qu’il n’y a pas de miracle dans les actions humaines, et que nous récoltons ce que nous semons.

Nous touchons ici au nœud vital du thème qui nous réuni :  Notre responsabilité.

 

Enfin, la voie cardiaque…

C’est ici la Culture du SACRE celle du SANCTUAIRE DU COEUR…  Autre solution qui s’offre à nous. C’est en réalisant les qualités et facultés du cœur que nous aborderons l’étape la plus vitale pour l’Humanité.

RAMAKRISHNA disait à ce propos que seul celui qui avait éveillé la divinité en son cœur pouvait trouver la divinité dans les lieux sacrés tout en posant la question ‘comment celui qui ne l’a pas éveillé à l’intérieur de lui-même peut-il la découvrir à l’extérieur ?’.

 

 

Faire percevoir et enseigner ce sens du sacré est notre travail et nous pouvons éveiller notre divinité par la Culture.

La loi du cœur est la loi du service, le souci du bien commun. Ainsi, nous devons inciter tous ceux qui exercent une profession les mettant en contact avec le public – médecins, enseignants, politiques, … –  de commencer une mission de spiritualisation du cœur. Nous devons inciter la population à réfléchir au-delà des actions de l’estomac.

 

Bouddha disait : « La transformation au contact de l’énergie du cœur, crée les conditions d’un courant de réussite. »

 

Pourquoi pas développer l’idée d’un « Produit National de l’Amour ». Il y a sans doute beaucoup à creuser ici.

Bien sûr et de tout temps, partout où se trouve la Vérité, l’héroïsme est nécessaire, car agir de la sorte c’est vivre sous la menace d’être exclus du système du fait même que nous voulons l’élever. Chaque jour les héros de la doctrine du cœur sont montrés du doigt et beaucoup subissent les attaques des forces de l’Avoir.

 

Mais l’histoire de l’Humanité montre que c’est cette minorité d’êtres éveillés qui a conduit l’évolution, et ceux-là ont puisé dans le cœur la force de surmonter les obstacles.

Ainsi, nous vous proposons de vous unir derrière cette BANNIERE DE LA CULTURE et ses trois piliers porteurs de l’évolution de l’avenir.

Et que chacune de nos journées s’accompagne du rappel qui ne saurait être différé, celui du cœur.

 

Et soyons sûrs que c’est la Culture qui nous ramènera vers le SACRE, et ceci ne s’atteindra que si nous nous appuyons sur des valeurs morales et une Éthique personnelle.

 

Thierry  BECOURT

Président CIBP  – Mars 2019